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Gymnase de la Courtille
26 rue Jacques Vaché
93200 Saint-Denis

Mardi 20h - 21h30
Jeudi 20h - 21h30

Renseignement
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Cours d'essai
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Médiations corporelles face à la violence en milieu scolaire

 

Notre monde baigne dans la violence : elle fait tristement la une des journaux; tous les médias la présentent comme une réponse inéluctable à nos problèmes; les jeunes ne jurent plus que par Tong Po ou Van Damme. De fait, la violence nourrit les imaginaires de nos élèves. Or, un nombre de plus en plus important d'adolescents a décidé de passer à l'acte et cela devient difficilement tolérable chez les premiers concernés : l'ensemble des enseignants.

 

Que faire pour éviter que la rubrique des faits divers ne s'allonge au fil des victimes élèves, et/ou, enseignants ? Il faut et il suffit de se connaître soi-même. Une phrase simple dont tout le monde reconnaît l'utilité, mais que peu arrivent à mettre en pratique. Or, c'est ce que propose l'Aïkido dans sa méthode d'enseignement et d'éducation vers l'élaboration d'un "homme total", bien intégré à son environnement social, dans la mesure où il expérimente sur lui-même quelques principes universels. Parmi les diverses médiations corporelles que pourraient proposer différents arts, comme le théâtre ou la danse, l'Aïkido a donc tout à fait sa place puisque les principes enseignés et expérimentés se doivent d'être applicables aux agressions de la vie quotidienne, a fortiori à celles vécues par les enseignants en milieu scolaire.

 

La clef de voûte de l'enseignement et de l'éducation de l'Aïkido repose sur l'observation stricte d'une étiquette qui établit les bases de rapports humains fondés sur le respect de soi-même et d'autrui. Ainsi l'on fait du salut mutuel et des remerciements réciproques une habitude saine qui, par le bénéfice de la répétition quotidienne, vient remplacer efficacement toutes les velléités entre personnes et l'usage malheureusement banalisé d'injures au sein de certains groupes-classes. C'est en quelque sorte l'apprentissage de la diplomatie, mutuellement consentie et appliquée par chaque membre du groupe.

 

En effet, dans une situation d'agression, notre esprit, volontairement tourné vers le cartésianisme, a tendance à considérer que l'on y rencontre autant de vainqueurs que de vaincus. Or, il n'en est rien: en réalité, nous avons deux tiers de chances d'être vaincus pour un tiers seulement d'être vainqueurs sur le plan des statistiques! Par exemple, en combat singulier, soit nous tuons l'ennemi; soit il nous tue; soit nous nous tuons mutuellement !

 

La plupart des voies et arts martiaux visent à réduire les chances d'être vaincu; seul l'Aïkido enseigne la voie la plus sage du point de vue stratégique, à savoir la diplomatie. Tous les entraînements démontrent progressivement l'inutilité de tout combat, ce qui paraît paradoxal, mais constitue une leçon "de taille" à intégrer dans sa vie.

 

Au lieu de percevoir l'agresseur comme un ennemi, le but de la pratique de l'Aïkido est de ne faire qu'un avec lui.

 

Sur le plan biomécanique, le miracle s'opère dès le contact : l'agresseur se retrouve littéralement "planté" sur ses appuis (soit les talons, soit les pointes de pieds), incapable de mener à bien son attaque ou d'en lancer une deuxième, grâce à une vrille inversée le long des colonnes cervicale, dorsale et lombaire lorsque la tête est maîtrisée; le long de la colonne dorsale et lombaire seulement lorsque le bras l'est à son tour.

 

Sur le plan émotionnel, il s'agit de coordonner les mouvements internes du corps à la respiration afin de pouvoir garder son calme en situation extrême d'agression, tout en espérant que la leçon nous serve à prendre la bonne décision dans d'autres cas de la vie quotidienne, parfois moins extrêmes, mais qui nous arrivent à l'improviste.

 

Il existe trois types de respiration utilisables en toute circonstance, à condition d'y avoir recours à bon escient. Une mise en garde s’impose : privilégier un seul type de respiration aurait des conséquences catastrophiques sur le métabolisme ! Il n'est pas tant question de jouer à l'apprenti-sorcier que de prendre conscience de notre manière d'être, autrement dit de respirer.

 

Le premier type s'appelle "respiration normale". C'est celle qu'adopte inconsciemment le dormeur : les muscles abdominaux (obliques et grands droits) se gonflent à l'inspire, puis se dégonflent à l'expire; le diaphragme a ainsi la possibilité de fonctionner sans créer de stress dans les viscères. C'est une respiration qui nous permet de récupérer d'un effort, même violent.

 

Le deuxième type s'appelle "respiration inversée". Dans ce cas les muscles abdominaux restent gonflés à l'expire, puis se dégonflent à l'inspire. Elle permet, en particulier, de mieux s'enraciner au sol et de se réchauffer très rapidement.

 

Le dernier type s'appelle "l'apnée". En retenant sa respiration l'espace d'un instant, le corps devient une sorte de chambre de compression qui permet de relier les masses musculaires supérieures, inférieures et médianes entre elles et obtenir par là-même une unité du corps au moment d'efforts intenses.

 

Enfin sur le plan métaphysique, la réalisation de l'unité avec autrui offre l'inestimable opportunité de se connaître soi-même et de connaître l'autre certes; mais surtout de prendre de la distance par rapport aux événements qui nous échoient; nous discernons mieux, avec humilité, quelle est notre place dans l'univers, donc dans notre environnement social. Grâce à un entraînement régulier et quotidien, tant dans le dojo (lieu où l'on étudie les principes de l'Aïkido) que dans notre vie personnelle et professionnelle, nous tendons vers la réalisation de cette unité.

 

Cependant, la transposition de l'application des principes étudiés à la vie quotidienne se fait au fil des années d’expérience : petit à petit, le puzzle se reconstitue et les liens s'établissent de façon claire, au fur et à mesure de nos découvertes.

 

La recherche et l'étude de l'unité commencent par soi-même. Nous apprenons à unir corps et esprit avec pour principal étalon la prise de conscience d'un bien-être physique et psychique, qu'il convient de maintenir que l'on soit ou non en mouvement. L'entraînement vise à une purification du corps et de l'esprit, afin que tout fonctionne correctement sur le plan physiologique et qu'en particulier le cerveau reste bien irrigué même en plein effort; car c'est à ce prix que les bonnes décisions peuvent être prises. La notion de prise de décision en Aïkido est liée à l'acte. Face à une situation extrême, seul l'acte compte, fondé sur notre capacité à juger.

 

Nous apprenons donc à maîtriser le souffle, l'équilibre et, à travers la prise de conscience de notre propre biomécanique, nous essayons d'harmoniser le geste technique à la respiration. Ce perfectionnement au quotidien permet à long terme de gérer les problèmes humains propres liés aux sensations et aux sentiments trop souvent négatifs générés par le commun des mortels. Nous devenons plus ouverts, guérissons plus vite des maux physiques, passons outre les sentiments de peur (de faire mal aux autres, de se faire mal et de se faire faire mal).

 

Une philosophie intéressante ‹ à condition de l'appliquer ‹ tient dans les trois préceptes suivants que m'a transmis Malcolm Tiki Shewan : " Il n'y a pas de Mal"; "Recherche un signe"; "Apprends la leçon". Souvent nous avons besoin d'exotisme pour comprendre les choses, alors que nous avons tout à portée de la main. Le hic, c'est que nous ne prenons conscience de rien. Tout au plus, dans le meilleur des cas, envisageons-nous quelques fragments de vérité épars.

 

Parallèlement à ce travail sur soi, et pour l'étalonner aussi, nous vérifions la qualité de l'apprentissage en nous confrontant à un ou plusieurs adversaires armés ou non "d'un tanto, d'un boken ou d'un jo". L'autre nous l'appelons "aïte" : c'est à la fois l'ennemi et l'ami en japonais. C'est en sachant comment nous respirons, nous tenons debout et nous lions les gestes techniques à la respiration que nous pouvons faire d'un ennemi un allié, car en définitive, nous sommes nous-mêmes à la fois bons et mauvais; en acceptant l'autre nous nous acceptons nous-mêmes.

 

La symbolique des frappes, coupes, des chutes tient dans l'apprentissage de la purification : nous frappons, coupons, non un ennemi, mais l'ennemi qui sommeille en nous; tour à tour nous mordons la poussière et nous faisons mordre la poussière. Nous prenons alors conscience de la mort qui nous guette au quotidien, non pour nous en plaindre, mais pour vivre cette vie le plus harmonieusement possible avec nous-mêmes et notre entourage immédiat. Le lion qu'il nous faut dompter c'est nous-mêmes, notre orgueil, notre ego. C'est au moment où l'on s'oublie soi-même que nous existons vraiment, simplement.

 

Floréal Perez

113526.405@compuserve.com