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Gymnase de la Courtille
26 rue Jacques Vaché
93200 Saint-Denis

Mardi 20h - 21h30
Jeudi 20h - 21h30

Renseignement
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Cours d'essai
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O-Sensei est-il vraiment le père de l'Aïkido moderne ?

 

 

Stanley Pranin
 

Après des années de pratique et de recherche en aïkido, je suis petit à petit arrivé à une hypothèse qui allait contre la sagesse conventionnelle et les témoignages des nombreux Shihan qui revendiquent leurs longues années d'étude auprès du fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba. Au cours de ces années j'ai participé à de nombreux stages donnés aux Etats Unis par des professeurs japonais et ai fait aussi plusieurs séjours au Japon où j'ai rencontré beaucoup des professeurs les plus connus et me suis entraîné avec eux. Ma théorie a été simplement que l'aïkido tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est pas l'art pratiqué et enseigné par O-Sensei mais plutôt l'une des nombreuses formes dérivées mises au point par des élèves pivots qui ont étudié sous la férule du fondateur sur des périodes plutôt courtes. Ceci expliquerait cette différence considérable entre les styles, un nombre relativement petit de techniques enseignées et cette absence de perspective religieuse Omoto dans les formes modernes de cet art. L'intention n'a pas été de critiquer ces formes "modernes" mais plutôt d'observer à partir d'une recherche en histoire qui est allée à l'encontre de la perception communément admise.

Lorsque je me suis installé de façon définitive au Japon en août 1977, j'ai personnellement pris la décision d'étudier à Iwama sous l'autorité de Morihiro Saito Sensei. Au terme de mon analyse, ce qui m'a attiré à Iwama a été la fermeté et la précision des techniques, et le fait que l'aiki ken et l'aiki jo soient intégrés au programme d'étude. Je suis sûr que la proximité du sanctuaire Aiki et le fait que l'entraînement ait lieu dans le dojo personnel d'O-Sensei ont été aussi des facteurs décisifs.

Tout à la fois je m'empresserai de préciser que je ne tenais pas la technique de Saito Sensei comme étant la continuité fidèle de l'aïkido du fondateur, mais je voyais plutôt en lui un maître technicien de plein droit. A posteriori, je rangeais Saito Sensei dans la même catégorie que celle de professeurs célèbres tels que Koichi Tohei, Shoji Nishio, Seigo Yamaguchi et d'autres tout aussi doués et qui avaient élaboré des méthodes d'enseignement originales qui, bien qu'inspirées par Morihei Ueshiba, avaient évolué dans des directions tout à fait différentes.

Je me souviens clairement que, même si mes aptitudes à comprendre et parler le japonais étaient plutôt restreintes à cette époque, je suis arrivé à exprimer à Saito Sensei ce que je pensais de tout ceci et comme quoi je doutais que son aïkido fût pour l'essentiel semblable à celui du fondateur comme il le prétendait. Mes impressions s'appuyaient sur le fait que la technique de Saito Sensei avait l'air tout à fait différente de l'aïkido du fondateur tel que je l'avais vu en film. Plutôt amusé par mon scepticisme et sans aucun doute par mon toupet, sachant que j'étais son élève, Sensei m'expliqua avec patience que l'origine de ma confusion tenait au fait que la plupart de ce qui a été préservé en film du fondateur étaient des démonstrations. Il fit ressortir que les démonstrations publiques du fondateur étaient très différentes de ce que O-Sensei pratiquait au dojo d'Iwama. Saito Sensei poursuivit et insista qu'il était de sa responsabilité de transmettre fidèlement l'aïkido du fondateur et qu'il n'avait pas l'intention de créer un "Saito ryu aïkido".

En dépit de ses meilleurs efforts, je continuais à douter sérieusement de tout ceci même si mon admiration devant ses aptitudes physiques était sans faille. Puis un jour, environ deux ans après mon arrivée, je menais un entretien avec Zenzaburo Akazawa, un uchideshi d'avant-guerre de Morihei Ueshiba du temps du dojo du Kobukan. Monsieur Akazawa en vint à me montrer un manuel technique publié en 1938, ayant pour titre Budo, que je n'avais jamais vu avant. II recelait environ cinquante techniques démontrées par le fondateur lui-même. Au fur et à mesure que je tournais les pages lentement j'étais stupéfait de constater que l'exécution de plusieurs techniques de base telles que ikkyo, iriminage et shihonage étaient quasiment identiques à ce que j'avais appris à Iwama auprès de Saito Sensei. On y voyait le fondateur lui-même démontrer ce que j'avais jusqu'alors estimé être les techniques du "style Iwama". Monsieur Akazawa eut la bonté de me prêter ce livre que je m'empressais de montrer à Saito Sensei.

Je me souviendrai toujours de cette scène lorsque j'ai rendu visite au Sensei afin de lui faire partager ma nouvelle découverte. A ma grande surprise il n'avait jamais vu ce livre ni entendu mentionner son existence dans le passé. II mit ses lunettes de lecture et feuilleta le manuel, scrutant avec intensité les passages techniques. Là je me suis alors senti dans l'obligation de m'excuser auprès de lui d'avoir osé mettre en doute son affirmation attestant qu'il s'efforçait de son mieux de préserver loyalement les techniques du fondateur. Saito Sensei rit et, à l'évidence avec un grand plaisir, claironna : "Vous voyez, je vous l'avais bien dit !" Depuis lors (1979), même jusqu'à maintenant, Saito Sensei se rend toujours à ses stages d'aïkido muni d'un exemplaire de Budo afin de prouver qu'une technique précise a pour origine l'enseignement du fondateur.